Un peu d’histoire locale

Les églises de la commune nouvelle Juvigny-les-Vallées

Juvigny-le-Tertre: L’église Notre-Dame de Juvigny fut donnée au prieuré de Sainte-Marie-du-Rocher, de Mortain, en 1163 par Guillaume de Juvigny, du consentement de Alice, sa femme, et de celui de Philippe et de Jourdain, leurs fils. La foire de Juvigny fut donnée à la Collégiale de Mortain en place de celle du Neufbourg, par le Comte Guillaume, fils de Robert, lorsqu’il fonda l’Abbaye Blanche.

Bellefontaine: L’église Saint-Martin de Bellefontaine était de patronage laïque et ressortissait à la seigneurie de Martigny. Il y eut une chapelle dédiée à Saint-Nicolas, dont on montre l’emplacement, mais dont l’état de 1752 ne fait pas mention. 

Chasseguey: L’église est sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste. La cure était de patronage laïque. Supprimé en 1803 et réuni à La Bazoge, Chasseguey a été rétabli par décret du 1er juin 1852. L’église a été refaite presque entièrement peu après.

Chérencé-le-Roussel: L’église Notre-Dame de Chérencé-le-Roussel fut donnée aux environs de l’an 1105, avec les dîmes de la paroisse, à l’abbaye de Lonlay par Gaulin de Chérencé, du consentement de Guillaume, Comte de Mortain. L’affixe paraît être le nom du Chevalier Bernard Russel, vivant en 1082, souscrit à une charte de Savigny.

La Bazoge: L’église Saint-Martin de La Bazoge fut donnée à la Collégiale de Mortain, avec les aumônes et toute la dîme du bourg, le jour de sa fondation, par Roger de Husson. Cependant, c’étaient les seigneurs du lieu qui présidaient à la cure dans les derniers temps.

Le Mesnil-Rainfray: L’église est sous le vocable de Saint-Martin. Au retour de la conquête, Robert,Comte de Mortain, donna à Girold, son fidèle et brave serviteur, l’église du Mesnil-Rainfray, avec toutes ses propriétés, droits et revenus. En 1139, Richard -le-Raseur, petit-fils ou neveu de Girold,en fit la remise au Duc Etienne de Blois, en vue d’un projet d’arrangement. Celui-ci la céda à l’évêque Herbert, qui la rétrocéda au prieuré Sainte-Marie-du-Rocher de Mortain et au prieur Ranuffe, à condition que Richard-le-Raseur, son père, et un de ses fils seraient reçus au nombre des moines, et que le prieuré servirait une pension de dix livres de rente à son autre fils encore enfant.

Le Mesnil-Tôve: L‘église Saint-Jean-Baptiste du Mesnil-Tôve appartenait à l’abbaye de Savigny. Elle avait été donnée par Rohès, fille de Geoffroy de Lucey, non à l’abbaye directement, mais au prieuré de Virey, qui en dépendait. Lorsque les moines de Virey, trop peu dotés pour pouvoir vivre, s’en retournèrent à leur abbaye, en 1162, Savigny se fit confirmer la propriété de l’église et des dîmes du Mesnil-Touve (sic) et des autres églises qui leu appartenaient.

 

L’église du Mesnil-Tôve, détruite en 1944, avait été construite au XVII ème siècle et possédait une curieuse tour octogonale de style byzantin, avec, au-dessus de la croix, la pomme et la poire. Travail minutieux d’une architecture soignée puisque cette tour en bois était couverte d’ardoises. L’église actuelle a été reconstruite en 1958, et certains auraient voulu qu’elle le soit par les Beaux Arts, ce qui en retarda la reconstruction. La première pierre en fut posée le 26 janvier 1958 par Son Excellence Monseigneur Jean-Louis Guyot, évêque de Coutances, qui devint plus tard cardinal archevêque de Toulouse. La bénédiction de l’église et des trois cloches eut lieu le 8 septembre 1960.

 

Les guerres:

Le Mesnil-Tôve a été comme d’autres communes, le théâtre des guerres. Si la Révolution s’est passée assez calmement, des accrochages assez importants ont eu lieu dans la commune. En voici le récit, d’après Louis Arcolier et Marguerite Moricet, instituteurs au Mesnil-Tôve.

Vers l’automne 1795, le général des chouans, Frotté, s’avança dans le Mortainais par Vengeons, Gathemo et Saint-Pois. Sa colonne, de 850 hommes au départ, amoindrie par la désertion, se renforça d’environ 200 hommes amenés par un autre chef chouan; parmi eux, La Huppe de Larturière dont le nom de guerre était Bélavidès. Elle offrait le plus bel effectif qu’eussent réunis les royalistes. Elle parcourut Brécey, Le Mesnil-Gilbert et Chérencé-le-Roussel et bivouaqua autour du château du Mesnil-Tôve, les officiers dans le château même.

 Mais 120 grenadiers républicains qui venaient de piller le château de Lingeard, apprenant leur présence, se hâtèrent de venir les attaquer. Ils surprirent la sentinelle et la tuèrent et tombèrent à l’improviste sur les chouans